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Sport au féminin : quelques spécificités

Dernière mise à jour : il y a 7 jours

Introduction


Pourquoi les sportives se blessent-elles parfois différemment des hommes ? Pourquoi certaines phases du mois semblent-elles plus favorables à l’entraînement que d’autres ? La morphologie féminine, l’hyperlaxité ligamentaire et le cycle menstruel sont trois facteurs majeurs qui influencent la pratique sportive. Les comprendre, c’est mieux prévenir les blessures, améliorer la récupération et optimiser la performance.


1. Morphologie féminine et impacts biomécaniques


Le corps féminin présente des particularités qui ont des conséquences mécaniques :

  • Un bassin plus large entraîne un angle Q* du genou plus important, augmentant le risque de douleurs fémoro-patellaires et de lésions ligamentaires, en particulier du ligament croisé antérieur (LCA).

  • Une masse musculaire souvent plus réduite au niveau du haut du corps, qui peut limiter la puissance et l’endurance musculaire, mais cela se compense par une meilleure résistance en aérobie*.

  • Une répartition des graisses différente, avec plus de réserves lipidiques, qui peut favoriser l’endurance mais parfois augmenter les contraintes sur les articulations.

Ces différences ne sont pas des freins : elles invitent simplement à adapter l’entraînement et à renforcer certaines zones (quadriceps, gainage abdominal, chaîne postérieure).


*l'angle Q, pour angle Quadriceps, correspond à l'angle formé au niveau du genou entre l'axe du quadriceps et l'axe du tendon patellaire

*filière énergétique utilisée lors des efforts d'endurance


2. Hyperlaxité ligamentaire : atout et risque


Beaucoup de sportives présentent une hypermobilité articulaire.

  • Atout : une souplesse naturelle qui favorise la performance en danse, yoga, gymnastique, arts martiaux, etc.

  • Risque : une instabilité articulaire, avec un risque accru d’entorses et de ruptures ligamentaires.[1]

    À titre d’exemple, les sportives de haut niveau présentent entre 2 à 8 fois plus de ruptures du LCA que les hommes.[2] [3]

L’ostéopathie, associée au travail de proprioception et de renforcement musculaire, aide à stabiliser ces articulations hypermobiles.



3. Cycle menstruel et performance sportive


Le cycle menstruel influence l’énergie, la récupération et la vulnérabilité aux blessures[4] [5] [6]:

  • Phase folliculaire (après les règles) : énergie, endurance et force accrues → idéale pour l’entraînement intensif.

  • Ovulation : fluctuations hormonales, parfois une laxité ligamentaire augmentée, ce qui peut accroître le risque de blessure.

  • Phase lutéale (avant les règles) : fatigue, baisse de performance, crampes, douleurs abdominales → charge d’entraînement à modérer.

  • Menstruations : impact très variable selon les femmes, certaines très limitées, d’autres non.

Adapter l’entraînement en fonction de ces phases peut optimiser la progression tout en réduisant les risques.



4. L’apport de l’ostéopathie


L’ostéopathie joue un rôle dans :

  • La régulation biomécanique : optimiser l’alignement bassin-genoux-rachis pour limiter les contraintes.

  • Le confort lié à l’hyperlaxité : travail sur la mobilité, impactant la stabilité et les tensions compensatoires.

  • Le cycle menstruel : soulagement des douleurs pelviennes, amélioration de la mobilité diaphragmatique et circulatoire.

C’est une approche complémentaire à la préparation physique et médicale.



5. Conseils pratiques pour les sportives


  • Suivre son cycle (appli ou carnet) pour identifier ses phases de performance et ses zones de vulnérabilité.

  • Renforcer les muscles stabilisateurs (muscles de l'abdomen, quadriceps, ischios-jambiers).

  • Travailler la proprioception pour compenser l’hyperlaxité.

  • Adapter les charges d’entraînement et inclure de la récupération active.

  • Consulter en prévention pour un bilan ostéopathique.



Conclusion


La morphologie féminine, l’hyperlaxité et le cycle menstruel influencent la performance et le risque de blessure. Les connaître, c’est transformer une contrainte potentielle en atout.


👉 Message clé : ces spécificités ne sont pas des freins, mais des leviers pour progresser intelligemment.


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[1] Castori M, et al. Hypermobility and joint instability: clinical aspects and relevance to musculoskeletal injuries. Clin Exp Rheumatol. 2011

[2] Griffin LY, et al. Understanding and preventing noncontact anterior cruciate ligament injuries. Am J Sports Med. 2006.

[4] McNulty KL, et al. Menstrual cycle phase and exercise performance in women: a systematic review and meta-analysis. Sports Med. 2020.

[5] Findlay RJ, et al. The impact of menstrual cycle phase on athletic performance. Front Physiol. 2024.

[6] Ruedl G, et al. Menstrual cycle phase and injury incidence in female athletes: a systematic review. Front Sports Act Living. 2021.


Willy NICOLAS-LUCAS, Ostéopathe

Maison de Santé - 2 place François Mitterrand 22950 Trégueux

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